Le mâtin napolitain... le choix d'une vie...

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Il est admis, même si les preuves irréfutables font défaut, que le mâtin napolitain a fait son apparition sur le continent asiatique, entre les hauts plateaux de l'Asie centrale et le Tibet.

A ce sujet l'écrivain Piero Scanziani, fameux mastinaro de "l'époque moderne", parla du "puissant mâtin tibétain, géniteur du chien des Assyriens, du grand chien d'Epire, du molosse romain".


L'Histoire révèle que le roi d'Albanie offrit deux mâtins à Alexandre le Grand. L'un, considéré trop craintif, fut tué. Il avait refusé de s'opposer aux ours et aux sangliers. Lorsque le roi d'Albanie eu connaissance de cela il offrit un nouveau mâtin à Alexandre en lui suggérant de l'opposer au lion ou à l'éléphant car "les autres animaux ne sont ni assez nobles ni assez forts pour mériter une confrontation avec lui".

L'implantation du "molosse romain" en Italie se serait faite à la faveur de la rencontre des chiens du pays avec les chiens de Pyrrhus, avec ceux qui accompagnèrent Paul-Emile à son retour de Macédoine et César à son retour des îles britanniques.

Dans la Rome antique le mâtin napolitain fut l'un des acteurs des jeux du cirque. Il s'opposa aux fauves. D'ailleurs une fonction spécifique dédiée à l'élevage et à la sélection des sujets destinés à ces combats avait été créée. Elle prenait le nom de "magister et procurator canis".

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Philippe Le Nours

Puis les jeux du cirque évoluèrent. Les épreuves entre hommes vinrent se substituer aux combats entre animaux et si le "molosse romain" put se répandre en Italie ce fut grâce à ses qualités de défense.

Sa présence se renforça alors dans le sud du pays où il trouva matière à exercer ses aptitudes naturelles en s'imposant comme gardien des villas et des fermes.

A compter de la fin du 19ème siècle la situation sociale et le contexte économique en Italie ne sont guère favorables au mâtin napolitain. Sa présence régresse inexorablement.

Inexorablement jusqu'à ce que le hasard fasse renaître le mâtin napolitain. Peu de temps avant la seconde guerre mondiale, le Dr Ruggero Soldati, jeune vétérinaire originaire de Trevise, part s'installer dans le sud de l'Italie.

Là-bas à Naples, il s'aperçoit que les chiens sont différents de ceux du Nord et bien qu'il y ait une certaine hétérogénéité, une même base génétique semble les lier. Format de molossoïde, tête très typique retiennent son attention.


Le Docteur Ruggero Soldati se décide alors à mener une étude statistique en relevant des mesures cynométriques. Puis en 1946 aidé d'amis passionnés, il rédige un projet de standard.

A cette époque, l'écrivain Piero Scanziani découvre lui aussi le mâtin napolitain. Il fonde l'élevage de Villanova après avoir réussi à trouver des sujets à Naples. Il fera loger ses chiens au zoo de Rome...

La conquête du grand public fut sûrement réalisée grâce au travail du Docteur Ruggero Soldati et à celui que mena Piero Scanziani par le biais de la revue Cani qu'il dirigea.

La consécration arrive en 1949 lorsque l'E.N.C.I. reconnait officiellement le mâtin napolitain.

Mais la place de choix qu'occupe aujourd'hui le mâtin napolitain dans la cynophilie italienne et européenne est certainement due pour une grande part au Toscan Mario Querci.

Dès le plus jeune âge, Mario Querci rencontre le mâtin napolitain à l'abattoir de Prato. Puis durant la seconde guerre mondiale alors qu'il effectue son service militaire et se trouve en garnison à Caserta.

Il se lance dans l'élevage en 1953 et durant presque quarante ans, jusqu'en 1990, il se consacra à la race avec un succès inégalé.

Aujourd'hui Mario Querci et son élevage di Ponzano restent indissociables du mâtin napolitain.

Indissociables car le palmarès de l'élevage di Ponzano avec quelque cinquante titres de champions est le plus impressionnant qui soit. Indissociables car cet immense sélectionneur a contribué à sauver la race et à la consolider. Indissociables car Mario Querci a marqué son travail d'une signature artistique unique. En effet, di Ponzano est bien mieux qu'une marque, c'est un "type à l'intérieur du type".

Comment ne pas évoquer Eufemia, Gaio, Giusta, Caligola, Quintiliana II (meilleure de race à l'exposition du centenaire de l'E.N.C.I.) ou encore Toscano, peut-être le plus grand traceur de tous les temps. Tous des di Ponzano.

Les amis de Mario Querci ont créé l'association Trofeo Mario Querci. Celle-ci organise une fois l'an, à Prato en Toscane, une grande exposition en hommage au Maître. Cette exposition se veut aussi une grande fête.

Il n'est pas exagéré d'affirmer que l'exposition annuelle du Trophée Mario Querci est la "mondiale de la race" tant la quantité et la qualité des sujets présentés sont élevées.

Mastino-passion, site web amateur aux deux sens du terme a été créé afin de permettre à tous ceux qui souhaitent se familiariser avec le mâtin napolitain de mieux comprendre la race.

Tous les sujets présentés sur le site sont d'excellentes illustrations de la race. Du reste, la plupart d'entre eux sont les grands champions d'aujourd'hui.

Je remercie chaleureusement tous les mastinari qui m'ont prêté leur concours. La patience dont ils ont su faire preuve lors des séances photos n'a d'égale que leur talent.

Philippe Le Nours



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